LA PHRASE RIEN A VOIR : DULUC ENTRE METAPHORE ET NOSTALGIE !

Initialement, cette rubrique avait pour but de gentiment taquiner nos amis journalistes et leurs envolées lyriques qui n’ont parfois (souvent) rien à voir avec le sport. Mais aujourd’hui, j’ai plutôt envie d’en féliciter un pour l’ensemble de son œuvre et tout particulièrement pour son article du jour. Parce que quand c’est bien, il faut le dire aussi !

C’est LA star de L’Equipe, le journaliste phare de la rubrique Foot, celui qui produit les papiers sur les matchs les plus prestigieux. Lui, c’est Vincent Duluc, le poète des pages foot, un journaliste de l’ancienne école pour qui ce qui compte c’est moins le résultat d’un match que la façon d’en parler. Bref, un mec qui, quand il en a l’opportunité, est encore capable de nous faire voir le foot comme autre chose que de l’empilage de stats. C’est rare et ça s’apprécie !

Dernière exemple en date, et l’un des plus parlant à mes yeux : son article en page 3 de l’Equipe d’aujourd’hui sur le match de ce soir intitulé « Tournés vers l’avenir » (à noter la très belle photo illustrant l’article – tout le groupe France, de dos, regardant tous vers Laurent Blanc).

Ce qui est bien avec Duluc c’est que, dès la première phrase, on sait à quoi s’attendre. Et là, après 3 lignes, on sait déjà que l’on va se régaler. Jugez plutôt !

« Reprendre le chemin du Stade de France pour aller voir France-Brésil est une enfance renouvelée qui ressuscite des photos jaunies et des souvenirs tous bleus. C’est un voyage enchanté qui mesure le temps qui passe, c’est l’été en hiver, le retour sur scène d’une fascination et d’étonnants tourments. La France a été nourrie en son imaginaire par les artistes brésiliens, depuis qu’une photo de L’Auto les montrait jonglant sur un quai de gare, à Paris, pendant la Coupe du monde 1938, ou alors lorsque le Brésil est arrivé dans le salon, via les premières télés, pendant la Coupe du monde 1958. »

Tout est déjà là : l’émotion, l’histoire, la passion, la technicité brésilienne et ce brin de poésie qui fait qu’on s’arrête sur un article.

Le reste de l’article est de la même veine mais je vais quand même en extraire quelques passages savoureux du papier.

« Le maillot n’est pas une anecdote, c’est plutôt toute une histoire. (…) Beau ou moche, sombre ou lumineux, il laisse seule pour trace celle de ses conquêtes. »

« Mais s’il y a peut-être plus d’étoiles sur le maillot que sur la pelouse, il reste l’idée que la magie est transmissible, et qu’un France-Brésil peut changer une vie. »

« Ce n’est pas encore le moment de demander la lune, mais il ne s’agit plus seulement d’échapper à la nuit »

Entre références historiques, métaphores filées et élan patriotique, il y a tout dans cet article pour se préparer à passer une bonne soirée. Et tant mieux s’il n’y a pas de stats et à peine quelques scores ! Après tout, on ne regarde pas un match pour le pourcentage de possession de balle mais pour les émotions qu’il procure. Personne ne se souvient du nombre de frappes cadrés de la finale 98 mais on sait tous où l’on se trouvait ce jour, à quel endroit nous avons explosé de joie et enlacé ses voisins.

Le sport est fait d’émotion et, heureusement, certains journalistes sont là pour nous sortir du marasme ambiant des sacrosaintes statistiques. Merci à @vincentduluc pour cette petite piqure de rappel !

PS : Si vous voulez en savoir plus sur lui, je vous recommande la très bonne interview réalisée par Les3points.com et le questionnaire Proustballe de Horsjeu.net

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